Shadow Fighter: un récit convaincant de la carrière de boxe de Sarita Devi


Quand il s’agit de boxe en Inde, Sarita Devi’s est l’un des premiers noms qui me vient à l’esprit. Ancien champion du monde, l’athlète né à Manipur a eu une carrière de montagnes russes en boxe amateur.

Cependant, malgré ses innombrables honneurs dans le sport, c’est un événement particulier de la carrière de Sarita Devi qui reste le plus important parmi les adeptes de la boxe en Inde.

En 2014, de nombreux sourcils ont été soulevés lorsque l’athlète de Thoubal a refusé sa médaille de bronze lors de la cérémonie de remise des médailles de l’épreuve de boxe féminine de 60 kg aux Jeux asiatiques à Incheon, en Corée du Sud.

Le comportement de Sarita Devi a été jugé «  antisportif  » par beaucoup, mais le boxeur a réussi à souligner les jugements controversés dans de nombreux combats impliquant des boxeurs sud-coréens lors de l’événement.

Sarita s’est retrouvée plus tard au milieu d’une tempête, mais a également trouvé du soutien chez elle. Elle reviendrait à la boxe après avoir purgé une interdiction d’un an, pour voir ses rêves olympiques de Rio anéantis au deuxième tour des Championnats du monde à Astana.

Maintenant bien passé son apogée, Sarita Devi a tout vu. D’être championne du monde à être évitée du circuit de boxe, sa carrière a été un parcours cahoteux.

«Shadow Fighter», écrit par la journaliste de NDTV Suprita Das, plonge dans le parcours de Sarita Devi dans la boxe. Il traverse ses hauts et ses bas, ses triomphes et ses désespoirs, et parvient à faire la lumière sur le personnage de la star du sport exceptionnellement talentueuse mais psychologiquement vulnérable.

‘Doux par nature’

L’auteur commence son récit de Sarita avec la demi-finale très controversée contre Park Ji-Na aux Jeux asiatiques de 2014. Sarita, se battant avec un poignet cassé, est considérée comme la perdante dans un combat qu’elle domine visiblement.

La suite du combat montre l’indifférence des administrateurs sportifs indiens envers leurs propres athlètes, alors que Sarita et son mari Thoiba sont laissés à eux-mêmes pour lutter contre l’injustice infligée au boxeur.

L’épisode d’Incheon est l’un des nombreux quasi-accidents que Sarita Devi rencontre dans sa carrière. Alors qu’elle passe ses premières années, elle a été à l’autre bout de nombreux combats rapprochés.

La biographie révèle certaines des vulnérabilités émotionnelles de Sarita. En 2001, le rapport d’un psychologue sur elle a jugé sa psyché comme étant loin d’être idéale pour la boxe. Plusieurs années plus tard, un autre psychologue, après examen, l’a décrite comme étant «douce par nature».

Les insécurités de Sarita Devi proviennent peut-être de son éducation difficile. Née à Thoubal Khunou, un village du Manipur près de la frontière indo-birmane, elle a perdu son père durant son enfance. La mort a conduit la mère de Sarita à devenir de plus en plus impassible au fil des ans.

En proie à la pauvreté et à la solitude, les difficultés de Sarita ont coïncidé avec les beaux jours de l’insurrection à Manipur. À un moment donné, Sarita Devi a même été incitée à collaborer avec des insurgés locaux, avant qu’un de ses frères ne le découvre et mette fin à l’épisode.

Dans le livre, la boxeuse admet que, à l’occasion, ses insécurités l’ont emportée lors de ses combats.

«J’ai pensé à ma mère seule à la maison, j’ai pensé à mes frères qui avaient un problème d’alcool, j’ai pensé à comment je gagnerais de l’argent pour mon prochain concours», révèle-t-elle.

La relation autrefois amicale entre Sarita Devi et MC Mary Kom s’est détériorée au fil des ans.
Crédit photo: PTI

Des hauts et des bas

MC Mary Kom et Sarita Devi ont sans doute été les deux boxeuses les plus en vue en Inde. Autrefois amis proches, la relation de Mary Kom et Sarita s’est détériorée au fil des ans.

‘Shadow Fighter’ raconte les retombées de Sarita avec son compagnon autrefois proche, et comment elle vit éternellement à l’ombre de Mary Kom, beaucoup plus réussie.

Mary Kom a remporté cinq titres mondiaux et une médaille de bronze olympique, mais peut, à certains moments, ne pas vouloir partager la vedette avec d’autres. Ses réactions après avoir perdu contre Rani Jangra et avoir été battu par Sarita étaient visiblement acerbes.

Sans faire de Mary Kom l’antagoniste de l’histoire de Sarita, cependant, l’auteur parvient à faire la lumière sur l’amitié tendue des deux boxeurs.

De ses entraîneurs Leishangthem Ibomcha Singh et Dingko Singh, à son mari Thoiba et à son fils Tomthil, la biographie se concentre également sur certaines personnes dans la vie de Sarita.

Il n’y a pas beaucoup de matériel sur les championnats du monde 2006, où Sarita a remporté la médaille d’or dans la catégorie 52 kg. Cependant, l’auteur dresse un portrait scrupuleux du désordre administratif de la boxe indienne, un système qui a vu le sport traverser une série de crises ces dernières années.

«Shadow Fighter» résume également très bien certaines des questions fondamentales du Manipur, et comment plusieurs groupes dissidents insurgés en sont venus à dominer les débats politiques dans l’État.

Dans l’ensemble, il s’agit d’un récit imprudent, dans lequel l’auteur parvient à éviter la tentation de trop glorifier ou d’atténuer certains des épisodes importants de la carrière de Sarita.

Pour quelqu’un avec tant de hauts et pas mal de bas déprimants, le livre rend justice à l’athlète remarquable que Sarita Devi est.

Promu

– ‘Shadow Fighter’, un récit de la carrière de boxe de Sarita Devi, est écrit par Suprita Das, correspondante principale de NDTV.

– Les opinions exprimées dans cet article représentent les opinions personnelles de l’auteur de l’article.

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