Le service à la cuillère dans le tennis professionnel

Dans le tennis, il y a beaucoup de coups différents : le coup droit, le revers, l’amorti, le smash, la volée, le service et le service à la cuillère. C’est dernier temps ce coup a gagné en popularité, ou plutôt en récurrence. Certains trouvent ça inutile, irrespectueux, voire contraire à l’essence du tennis.

Pourquoi servir à la cuillère pose autant de question ?

En 1989, Michael Chang à 17 ans, il joue contre le numéro 1 mondial, le tchécoslovaque Ivan Lendl en 8ème de finale de Roland Garros.  4-3 dans le set décisif, le match dure depuis plus de 4 heures, l’américain à des crampes aux mollets et il y a de l’enjeu. Ce dernier décide alors de servir à la cuillère. Il gagne le point, le match et même le tournoi. A partir de ce moment, des questions autour de la cuillère se posent.  Les professionnels, les commentateurs et les spectateurs se sont même demandé ce qui lui passait par la tête. Tout le monde, à commencer par Lendl, ont été surpris.

Ce coup, c’est le premier que l’on apprend à faire lorsqu’on joue au tennis. C’est l’engagement de base le plus facile, beaucoup plus facile qu’un service académique qui lui est beaucoup plus technique. Donc, lorsqu’un joueur de haut niveau abandonne ce geste pour faire une cuillère, c’est qu’il y a forcément une raison.

Pour Patrick Landau Israël, ancien champion monégasque de tennis, si tout va bien et que l’on est en train de gagner un match, on ne va pas faire de service à la cuillère. On adopte ce genre de technique lorsqu’on est désarmé, afin de casser le rythme de notre adversaire. Lorsqu’on arrive à gagner le point en faisant un service à la cuillère, c’est comme si on avait mis une droite à un adversaire : il est vexé et le public, généralement, est euphorique.

D’habitude, les services sont plutôt puissants et atterrissement loin dans le carré de service. Ainsi, les joueurs au retour sont plutôt positionnés vers l’arrière du court. Mais lorsqu’il faut venir récupérer un amorti surprise au service, il y a une sacrée course à faire. Prenons l’exemple, Ivo Karlovic, le géant croate de 2m11. Il a déjà servi à 251km/h. Au tournoi de Stockholm, en 2007,  Ivo Karlovic jouait contre l’allemand Tommy Haas. Celui-ci s’était beaucoup reculé pour recevoir les services de Karlovic qui a finalement décidé de faire une petite cuillère amortie double rebond.

 

C’est un peu dans la tradition du tennis de servir par en haut, nous rappelle Patrick Landau. Cependant, on a vu des joueurs et des joueuses qui avaient un problème au service et qui décidaient de servir en cuillère. Pourtant, ce service n’est pas aussi facile. Si on veut être efficace, il faut avoir une certaine technique.  Le service à a cuillère tout le monde ne trouve pas ça très correct. Quand en 1999 Martina Hingis sert de la sorte contre l’allemande Steffi Graf à Roland Garros pendant une finale, considérée aujourd’hui comme historique, elle prend les huées de tout le public. Mais quand, 10 ans plus tôt Michael Chang fait pareil cela ne pose pas vraiment de problème.

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